La vaccination contre la COVID-19 et le traitement médicamenteux de l’ostéoporose

Dre Aliya Khan, Dre Heather Frame, Dre Claudia Gagnon, Dre Rowena Ridout, Dre Lianne Tile et Dre Sandra Kim

Recommandations de l’équipe d’intervention rapide d’Ostéoporose Canada

L’ostéoporose est une affection chronique qui requiert une intervention pharmacologique continue. Il n’y a présentement aucune preuve que les médicaments pour traiter l’ostéoporose accroissent le risque d’infections graves à la COVID-19. Sauf pour les bisphosphonates, qui font l’objet d’une rétention à long terme dans le squelette, l’arrêt de médicaments pour traiter l’ostéoporose est associé à une perte de la masse osseuse et à un risque accru de fracture (1, 2). Cela signifie qu’il est important de ne pas interrompre une pharmacothérapie et de ne pas suspendre une dose de médicament sans consulter votre médecin au préalable.

Le vaccin contre la COVID-19 est administré par voie intramusculaire et peut donner lieu à de légers symptômes grippaux ainsi qu’à une réaction à l’endroit où l’injection a été effectuée. Ce constat s’applique à la fois aux vaccins à vecteur viral qu’aux vaccins à ARN messager (3, 4). Étant donné que les médicaments comme le zolédronate (Aclasta) par voie intraveineuse, le dénosumab (Prolia) ou le romosozumab (Evenity) par injections, peuvent également entraîner une réaction qui s’apparente à des symptômes grippaux et à une réaction à l’endroit où l’injection a été effectuée, il est conseillé de ne pas administrer ces médicaments en même temps que le vaccin contre la COVID-19. Un intervalle d’une semaine est recommandé entre une perfusion intraveineuse de bisphosphonate zolédronate (Aclasta) et l’administration du vaccin contre la COVID-19. Un délai de 4 à 7 jours est recommandé entre une injection sous-cutanée de dénosumab (Prolia) ou de romosozumab (Evenity) et l’administration du vaccin contre la COVID-19. Comme la tériparatide (Forteo) est administrée par injection quotidienne sous-cutanée, l’utilisation de ce médicament peut continuer s’il est bien toléré et n’a entraîné aucune réaction à l’endroit où se fait l’injection. Ostéoporose Canada recommande l’administration de tériparatide (Forteo) dans la paroi abdominale ou dans la cuisse, soit à un endroit autre que celui du vaccin contre la COVID-19. La prise de bisphosphonates oraux (Actonel, Fosamax, Fosavance) ainsi que de raloxifène (Evista) peut se poursuivre sans discontinuation. Ces recommandations sont conformes à celles émises conjointement par l’American Society of Bone and Mineral Research (ASBMR), l’American Association of Clinical Endocrinology (ASCE), l’Endocrine Society, la European Calcified Tissue Society (ECTS), l’International Osteoporosis Foundation (IOF) et la National Osteoporosis Foundation (NOF).

Ostéoporose Canada tient à souligner l’importance de suivre le protocole prescrit pour tout traitement médicamenteux de l’ostéoporose afin de maintenir la santé optimale des os.

Références

  1. Tsourdi E, Zillikens MC, Meier C, et al. Fracture risk and management of discontinuation of denosumab therapy: a systematic review and position statement by ECTS. J Clin Endocrinol Metab. 2020; doi: 10.1210/clinem/dgaa756 [Epub ahead of print)
  2. Napoli N, Elderkin AL, Kiel DP, Khosla S. Managing fragility fractures during the COVID-19 pandemic. Nat Rev Endocrinol. 2020;16(9):467-8.
  3. Zhu FC, Li YH, Guan XH, et al. Safety, tolerability, and immunogenicity of a recombinant adenovirus type-5 vectored COVID-19 vaccine: a dose-escalation, open-label, non-randomised, first-in-human trial. Lancet. 2020;395(10240):1845-54.
  4. Baden LR, El Sahly HM, Essink B, et al. Efficacy and safety of the mRNA-1273 SARS-CoV-2 vaccine. N Engl J Med. 2021;384(5):403-16.

La vaccination contre la COVID-19 et le traitement médicamenteux de l’ostéoporose

Dre Aliya Khan, Dre Heather Frame, Dre Claudia Gagnon, Dre Rowena Ridout, Dre Lianne Tile et Dre Sandra Kim

Recommandations de l’équipe d’intervention rapide d’Ostéoporose Canada

L’ostéoporose est une affection chronique qui, pour les personnes présentant un facteur de risque élevé aux fractures, requiert une médication. Il n’y a présentement aucune preuve que les médicaments pour traiter l’ostéoporose accroissent le risque d’infections graves à la COVID-19. Sauf pour les bisphosphonates, qui se lient aux os pour une durée plus longue que la prise du médicament par le patient, l’arrêt de médicaments pour traiter l’ostéoporose est associé à une perte de la masse osseuse et à un risque accru de fracture. Cela signifie qu’il est important de ne pas interrompre une pharmacothérapie et de ne pas suspendre une dose de médicament sans consulter votre médecin au préalable.

Le vaccin contre la COVID-19 peut donner lieu à de légers symptômes grippaux ainsi qu’à une réaction à l’endroit où l’injection est effectuée. Cela s’applique à tous les vaccins offerts en ce moment. Étant donné que les médicaments comme le zolédronate (Aclasta) par voie intraveineuse, le dénosumab (Prolia) ou le romosozumab (Evenity) par injections, peuvent également entraîner une réaction qui s’apparente à des symptômes grippaux et à une réaction à l’endroit où l’injection est faite, il est conseillé de ne pas administrer ces médicaments en même temps que le vaccin contre la COVID-19. Pour le dénosumab (Prolia), le moment de l’injection peut être modifié pour ne pas intervenir avec le rendez-vous vaccinal; il est toutefois important de s’assurer que la dose de dénosumab (Prolia) ne soit pas administrée plus que sept mois suivant la dose précédente. Un délai de 4 à 7 jours est recommandé entre une injection de dénosumab (Prolia) ou de romosozumab (Evenity) et l’administration du vaccin contre la COVID-19. Un intervalle d’une semaine est recommandé entre une perfusion intraveineuse de bisphosphonate zolédronate (Aclasta) et l’administration du vaccin contre la COVID-19. Comme la tériparatide (Forteo) est administrée par injection, l’utilisation de ce médicament peut continuer s’il est bien toléré et n’a entraîné aucune réaction à l’endroit où se fait l’injection. Ostéoporose Canada recommande l’administration de tériparatide (Forteo) dans la paroi abdominale ou dans la cuisse, soit à un endroit autre que celui du vaccin contre la COVID-19. La prise de bisphosphonates oraux (Actonel, Fosamax, Fosavance), ainsi que de raloxifène (Evista), peut se poursuivre sans discontinuation. Ces recommandations sont conformes à celles émises conjointement par l’American Society of Bone and Mineral Research, l’International Osteoporosis Foundation, la National Osteoporosis Foundation et d’autres organisations internationales.

Ostéoporose Canada tient à souligner l’importance de suivre le protocole prescrit pour tout traitement médicamenteux de l’ostéoporose afin de maintenir la santé de vos os. Il est également important de continuer à adopter de saines habitudes de vie pour favoriser la santé des os : un apport suffisant en calcium (idéalement de source alimentaire), des suppléments de vitamine D, une alimentation équilibrée et une activité physique adéquate, y compris un entraînement de renforcement des muscles avec des poids.

Une nouvelle étude montre une association entre la consommation de lait et un risque plus élevé de cancer du sein

Une récente étude américaine montre que les femmes qui consomment aussi peu qu’une tasse de lait de vache par jour, c’est-à-dire 250 ml, pourraient augmenter leur risque d’être atteintes du cancer du sein, et ce, à raison de 50 %. Cette étude menée par Knutsen et coll. a été effectuée dans le cadre de la recherche Adventist Health Study-2, une vaste étude basée sur la population d’adventistes des États-Unis et du Canada. L’étude évaluait la relation entre les risques de cancer du sein et la consommation de boisson de soja, d’autres produits de soja, de lait et d’autres produits laitiers.

Cette étude a suivi près de 53 000 femmes membres de l’Église adventiste du septième jour durant près de 8 ans. Les auteurs en sont arrivés à la conclusion que les risques de cancer du sein augmentaient parallèlement à la consommation de lait, peu importe sa teneur en matière grasse. Aucune corrélation nette entre la consommation de produits de soja et le cancer du sein n’a été établie.

Il est à noter que cette étude a suivi une méthode d’observation. Dans une étude par observation, les chercheurs examinent l’effet d’un facteur de risque (p. ex. le soja et les produits laitiers) sur les résultats de santé (p. ex. le cancer du sein) au fil du temps. Bien que ce type d’étude puisse montrer un lien (corrélation ou association) entre un facteur de risque et un résultat, il ne peut pas établir que le facteur de risque a CAUSÉ le résultat de santé. Dans cette étude, l’apport alimentaire en soja et en produits laitiers était autodéclaré, ce qui laisse place aux erreurs et aux omissions. En outre, l’alimentation a été mesurée une seule fois, au début de l’étude, de sorte que d’éventuels changements dans l’alimentation au cours des huit années de l’étude n’ont pas été pris en considération. L’étude ne tient pas non plus compte d’autres facteurs de risque ayant pu influencer les résultats, comme la qualité de l’alimentation (l’apport en fruits et en légumes n’a pas été mesuré); le niveau d’activité physique et l’intensité de celle-ci; la quantité d’alcool consommée; la quantité de tabac fumée. De plus, l’alimentation des adventistes pourrait différer considérablement de celle de l’ensemble de la population, étant donné que de nombreux adventistes ont une alimentation à base de plantes qui exclut les aliments transformés, l’alcool et la caféine, c’est pourquoi il est difficile de déterminer si les résultats mesurés peuvent être étendus à la population générale.

Les auteurs font remarquer que le lait a beaucoup de qualités nutritives et indiquent qu’une recherche plus poussée serait nécessaire pour déterminer s’il existe un lien de causalité entre la consommation de produits laitiers ou d’autres facteurs non identifiés étroitement liés et les risques de cancer du sein. D’ici là, une alimentation équilibrée et variée incluant des sources de calcium ainsi qu’une activité physique régulière, sans tabagisme ni excès d’alcool, constituent un mode de vie sain.

Ostéoporose Canada recommande aux hommes et aux femmes de plus de 50 ans de consommer de 1 000 à 1 200 mg de calcium provenant de toutes les sources (alimentation et suppléments combinés). Des renseignements sur le calcium de source non laitière sont fournis dans le calculateur de calcium sur le site Web d’Ostéoporose Canada.

https://osteoporosis.ca/bone-health-osteoporosis/calcium-calculator/#page-1

1. Dairy, soy, and risk of breast cancer: those confounded milks. Fraser GE, Jaceldo-Siegl K, Orlich M, Mashchak A, Sirirat R, Knutsen S. Int J Epidemiol. 2020 Feb 25. pii: dyaa007. doi: 10.1093/ije/dyaa007.

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Risque accru de fracture vertébrale après l’arrêt de denosumab

Ostéoporose Canada conseille aux personnes qui prennent le denosumab de discuter de leur traitement avec leur médecin avant de l’interrompre ou de sauter une injection prévue.

Le denosumab (Prolia) a fait ses preuves dans la réduction du risque de fracture chez les femmes postménopausées et les hommes de 50 ans et plus atteints d’ostéoporose. Ce médicament a également été approuvé pour le traitement de la perte osseuse induite par les stéroïdes.

Les participants à l’étude FREEDOM, laquelle comparait le denosumab à un placebo, ont fait l’objet d’un suivi. Les personnes qui ont cessé le denosumab ont présenté une réduction subséquente de la densité minérale osseuse (DMO) et une augmentation du risque de fracture (Bone, JCEM 2011).

L’analyse des données de l’étude FREEDOM et de l’essai de prolongation du denosumab sur une période allant jusqu’à 10 ans a confirmé l’augmentation de la perte osseuse après l’arrêt du denosumab, le taux de cette perte, mesurée par les marqueurs du renouvellement osseux, augmentant 3 mois après l’omission d’une injection prévue. La DMO est revenue au niveau de base 12 mois après l’omission d’une injection prévue de denosumab (Cummings et coll., JBMR 2017).

Les personnes qui avaient cessé leur traitement après avoir reçu 2 doses ou plus de denosumab ou du placebo tout en demeurant dans l’étude au moins 7 mois après la dernière dose ont été examinées. Chez les 1 001 patients qui ont cessé le denosumab, le taux de fractures de la colonne vertébrale est passé de 1,2 pour 100 patients-années (pendant le traitement) à 7,1 pour 100 patients-années, un taux comparable à celui du groupe placebo. Les multiples fractures vertébrales (>1) semblaient plus fréquentes dans le groupe ayant arrêté le denosumab que dans le groupe ayant cessé le placebo (3,4 % contre 2,2 %). Le risque de multiples fractures vertébrales (> 1) après l’arrêt du denosumab était plus élevé chez les personnes ayant déjà subi une fracture de la colonne vertébrale et chez celles présentant une perte osseuse rapide. Le taux de fractures non vertébrales des patients ayant cessé le denosumab et celui des patients ayant abandonné le placebo étaient comparables (2,8 % et 3,8 % respectivement) (Cummings et al., JBMR 2017).

En raison des risques de perte de DMO et de fractures vertébrales liées à l’arrêt du traitement par le denosumab, il faut veiller à ne pas manquer les injections prévues de ce médicament une fois le traitement amorcé. Les patients doivent être informés du risque accru de perte osseuse et de fracture vertébrale lorsque le traitement est interrompu. Si l’administration du denosumab doit cesser, un autre médicament doit être donné pour traiter l’ostéoporose et ainsi prévenir la perte osseuse accélérée et le risque de fracture (Symonds et Kline, CMAJ avril 2018).

Ostéoporose Canada conseille aux personnes qui prennent le denosumab de discuter de leur traitement avec leur médecin avant de l’interrompre ou de sauter une injection prévue.

  1. Bone HG et al JCEM 2011:96:972-980
  2. Cummings et al JBMR vol 33, No2, Feb 2018 pp 190-198
  3. Symonds C, Kline G CMAJ 2018 April 23:190 pp E485-486

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La vitamine D et ses effets sur les fractures, les chutes et la densité minérale osseuse (DMO)

La prise de position globale d’Ostéoporose Canada en réponse à cette étude:

Cette étude ne portait pas spécifiquement sur les besoins en vitamine D des personnes atteintes d’ostéoporose, celles qui présentent des facteurs de risque de fractures ostéoporotiques ou celles qui présentent des facteurs de risque de carence en vitamine D. La vitamine D est nécessaire pour que l’intestin absorbe le calcium de façon optimale et elle joue un rôle important dans l’équilibre calcique et la minéralisation osseuse. Ostéoporose Canada recommande que les personnes atteintes d’ostéoporose ou présentant des facteurs de risque de fractures reçoivent une quantité adéquate de vitamine D, telle que recommandée à raison de 800 à 2 000 UI par jour.

Un article traitant de l’effet de la supplémentation en vitamine D sur les fractures, les chutes et la densité minérale osseuse (DMO) a récemment été publié dans le journal Lancet Diabetes Endocrinology par Bolland et ses collègues (4 octobre 2018). Cette recherche a consisté à examiner la documentation disponible dans le cadre d’un examen systématique et d’une métaanalyse. Un examen systématique est une méthode de recherche utilisée pour répertorier et synthétiser toutes les données probantes relatives à un sujet précis. Une méta-analyse utilise des outils statistiques pour combiner les données des études incluses dans l’examen afin d’obtenir un résultat global. Au cours du processus d’examen systématique, il est important que les chercheurs regroupent des études qui sont semblables sur les plans clinique et statistique. Cette recherche résume et regroupe les résultats de 81 essais contrôlés randomisés, auxquels ont participé plus de 50 000 personnes.

Parmi les 81 études analysées, quelques caractéristiques s’avèrent dignes de mention. Par exemple, la majorité des études ont été menées auprès de femmes de 65 ans et plus vivant dans la collectivité, et la seule « intervention » était un apport en vitamine D à des doses supérieures à 800 UI/jour. Il y avait aussi des études sur l’administration de doses plus élevées de vitamine D par rapport à des doses plus faibles, ainsi que des études portant sur le calcium et la vitamine D administrés ensemble. Les études de l’examen étaient fondées sur le fait que les participants devaient avoir pris de la vitamine D pendant un an ou moins. L’objectif principal de l’examen systématique était d’examiner l’effet de la vitamine D sur les fractures et les chutes. Toutefois, on y a également résumé l’effet de la vitamine D sur le changement de la densité minérale osseuse [du début de l’étude (base de référence) à l’évaluation finale] (1).

À la lumière des résultats de la méta-analyse, les auteurs ont rapporté que la supplémentation en vitamine D n’avait aucun effet sur le risque de fractures ou de chutes et qu’il n’y avait aucun effet significatif sur la densité minérale osseuse des participants. Les auteurs ont également conclu qu’il n’y avait aucune différence entre les effets de fortes ou de faibles doses de vitamine D (1) parmi ces résultats cliniques.

Plusieurs facteurs doivent être pris en considération dans l’analyse de ces résultats. Premièrement, dans plus de la moitié des études, les participants présentaient un taux de base de vitamine D (25OHD – l’analyse utilisée pour mesurer les taux de vitamine D dans le sang) de moins de 50 nmol/L (un seuil considéré par plusieurs (2) comme indiquant un faible taux de vitamine D). Presque tous les participants avaient un taux de base de 25OHD inférieur à 75 nmol/L, ce qui est considéré comme un taux adéquat. Seuls quatre essais (6 %) ont porté sur des personnes présentant une carence en vitamine D (<25OHD <25 nmol/L), chez qui la supplémentation en vitamine D peut donner des résultats différents. De plus, il peut y avoir des différences individuelles dans la façon dont le taux de vitamine D de l’organisme réagit à l’administration d’une dose fixe de vitamine D. La plupart des études utilisaient 1 000 UI ou moins par jour, donc les taux de 25OHD après le traitement (utilisé comme intervention) n’étaient peut-être pas assez élevés pour faire une différence dans les résultats cliniques étudiés (les fractures et les chutes).

Deuxièmement, la conclusion selon laquelle la vitamine D ne peut à elle seule (sans calcium) prévenir les fractures, les chutes ou améliorer la densité minérale osseuse est conforme aux résultats d’autres études. Cependant, un examen des essais portant à la fois sur le calcium et la vitamine D chez des personnes vivant dans des établissements de soins de longue durée a démontré des bienfaits (3), mais la méta-analyse actuelle de Bolland et ses collègues ne comprenait que 20 essais (25 %) qui comparaient la prise de vitamine D avec du calcium par rapport au calcium seul. Ils n’ont pas inclus non plus les études qui comparaient la vitamine D utilisée en association avec du calcium par rapport à une absence de traitement.

Troisièmement, bien que la principale force de cette recherche réside dans le grand nombre d’études incluses dans l’analyse, il est important de reconnaître ses limites potentielles. Par exemple, il existait des variantes dans la méta-analyse entre les participants aux différentes études, les conceptions et les résultats des études. Il est important de noter que cette étude n’a pas porté spécifiquement sur les besoins en vitamine D des personnes atteintes d’ostéoporose, celles qui présentent des facteurs de risque de fractures à faible traumatisme ou celles qui présentent des facteurs de risque de carence en vitamine D. Bien que cet examen systématique suggère qu’une supplémentation systématique en vitamine D, en particulier une dose élevée de vitamine D, n’est peut-être pas nécessaire chez les personnes en bonne santé dans la population générale, ces résultats ne peuvent être appliqués aux personnes atteintes d’ostéoporose ou à celles présentant des facteurs de risque de fractures ou de carence en vitamine D.

Quatrièmement, il faut souligner que les chutes ont de nombreuses causes. Même les programmes d’exercices visant spécifiquement la prévention des chutes ne sont pas toujours efficaces, et les bienfaits relatifs de toute intervention sur les chutes sont personnels.

Il est important de se rappeler que la vitamine D est nécessaire pour que l’intestin absorbe le calcium de façon optimale, et qu’elle joue un rôle important dans l’équilibre calcique et la minéralisation osseuse. Une carence en vitamine D peut entraîner une mauvaise minéralisation osseuse ainsi qu’une perte osseuse due à une hausse du taux d’hormone parathyroïdienne.

Ostéoporose Canada recommande que les personnes atteintes d’ostéoporose ou présentant des facteurs de risque de fractures reçoivent une quantité adéquate de vitamine D, telle que recommandée à raison de 800 à 2 000 UI par jour (4); toutefois, l’administration de vitamine D peut nécessiter un ajustement afin d’atteindre le niveau adéquat de 25OHD nécessaire pour une homéostase optimale du calcium. D’autres études sont nécessaires pour clarifier le niveau optimal de 25OHD pour les personnes atteintes d’ostéoporose ou présentant des facteurs de risque de fracture. La supplémentation en vitamine D à fortes doses devrait être évitée en raison de préjudices potentiels (5). De vastes essais randomisés sont actuellement en cours pour aider à répondre aux questions sur les effets de la supplémentation en vitamine D sur d’autres aspects de la santé (6).

Des médicaments appropriés contre l’ostéoporose peuvent être nécessaires pour les personnes à risque élevé de fracture. Il est important de noter que les essais cliniques démontrant l’efficacité des médicaments contre l’ostéoporose ont tous inclus la vitamine D et le calcium dans le régime thérapeutique.

Références

1. Bolland et al. Lancet Diabetes Endocrinol Oct 2018

2. Evaluation, Treatment, and Prevention of Vitamin D Deficiency: an Endocrine Society Clinical Practice Guideline. Michael F. Holick et al. The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2011 96 (7): 1911-1930.

3. Papaioannou et al. CMAJ 2015 187: 1-11.

4. Vitamin D in adult health and disease: a review and guideline statement from Osteoporosis Canada by David A. Hanley MD et al CMAJ 2010

5. Smith et al. 2017 J Steroid Biochem Mol Biol173:317-22

6. Pradhan AD, Manson JE Update on the Vitamin D and OmegA-3 trial (VITAL). Study J Steroid Biochem Mol Biol. 2016 Jan;155(Pt B):252-6.

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LA VITAMINE D ET SON INCIDENCE POTENTIELLE SUR LA GRAVITÉ DE LA COVID-19

Ostéoporose Canada a déjà décrit le rôle de la vitamine D dans l’optimisation de la santé des os et les stratégies de traitement de l’ostéoporose. Dans le contexte actuel de la pandémie de COVID-19, les effets de la vitamine D sur la modulation du système immunitaire sont en train d’être examinés.

Deux récentes études indiquent qu’un faible taux de vitamine D peut entraîner un risque accru d’infection grave à la COVID-19.

Ilie et coll., du Royaume-Uni, ont noté que les pays ayant de faibles taux de vitamine D avaient un plus grand nombre de cas de COVID et les taux les plus élevés de mortalité due à cette maladie (1). De même, Daneshkhah et coll., de l’Université Northwestern (2), ont également constaté que les infections graves à la COVID-19 semblent plus prévalentes dans les pays où la carence en vitamine D est plus courante. Nous reconnaissons que le nombre de cas de COVID répertoriés dans chaque pays sera clairement influencé par le nombre de tests effectués et par les mesures de prévention prises par les divers pays qui n’ont pas été pris en compte dans ces études. De plus, l’établissement d’un lien entre l’observation de faibles taux de vitamine D dans une population à une maladie doit être interprété avec prudence en raison de la limitation des facteurs de confusion. À ce stade-ci, nous ne savons pas s’il y a un lien causal entre de faibles niveaux de vitamine D et un nombre plus élevé de cas de COVID et une gravité accrue de la maladie. En gardant ce bémol à l’esprit, le lien possible entre une carence en vitamine D et une réponse immunitaire affaiblie aux infections à la COVID-19 trouve peut-être un certain écho dans des études antérieures sur les effets de la vitamine D sur le système immunitaire.

La carence en vitamine D réduit la capacité des globules blancs à parvenir à maturité et à produire des antigènes nécessaires pour prévenir les infections (3). La vitamine D peut empêcher les macrophages de libérer une quantité excessive de cytokines et de chimiokines (4). Elle peut aussi augmenter l’expression de l’ECA2 (enzyme de conversion de l’angiotensine 2), qui a été associée à des résultats améliorés dans les cas d’infection à la COVID-19 (5, 6).

Ces observations préliminaires semblent indiquer que des taux adéquats de vitamine D ont une certaine influence sur la réponse immunitaire aux infections comme la COVID-19. Cette constatation revêt une importance particulière dans les populations de patients vulnérables à une carence en vitamine D – notamment, les personnes obèses, celles qui souffrent de malabsorption ou du syndrome de l’intestin court, celles qui utilisent des anticonvulsivants à long terme, ainsi que les personnes âgées. Des recherches plus poussées sont toutefois nécessaires pour déterminer s’il existe un lien de cause à effet entre une carence en vitamine D et un nombre plus élevé d’infections à la COVID-19 et une gravité accrue de la maladie.

Bien que la relation entre la vitamine D et la COVID-19 soit floue, nous savons que la vitamine D est cruciale pour la santé des os. Ostéoporose Canada recommande que les personnes souffrant d’ostéoporose ou qui ont des facteurs de risque de fractures reçoivent une quantité adéquate de vitamine D – soit une dose recommandée de 800 à 2 000 UI par jour. Cette recommandation vaut également pour les personnes qui courent un risque plus élevé de carence en vitamine D. On devrait éviter les fortes doses de suppléments de vitamine D en raison de leurs risques potentiels.

Références

  1. Ilie et coll., « Aging Clinical and Experimental Research », 6 mai 2020
  2. Daneshkhah et coll., Université Northwestern, mai 2020
  3. Abu-Amer et coll., 1993, Cell Immunol 151: 356-368
  4. Helming et coll., Blood 106: 4351-4358
  5. Kuka et coll., 2006, Curr Opin Pharmacol 6: 271-276
  6. Cui et coll., 2019, Redox Biol 26: 101295

LA VITAMINE D ET SON INCIDENCE POTENTIELLE SUR LA GRAVITÉ DE LA COVID-19

La vitamine D joue un rôle déterminant dans l’optimisation et le maintien de la santé des os. Dans le contexte actuel de la pandémie de COVID-19, les effets de la vitamine D sur le système immunitaire sont en train d’être réexaminés.

Selon deux recherches récentes, un faible taux de vitamine D pourrait être associé à un risque accru d’infection grave à la COVID-19.

Une recherche indique que les pays aux populations présentant de faibles taux de vitamine D ont eu un plus grand nombre de cas de COVID ainsi que des taux plus élevés de mortalité due à la maladie à coronavirus, et que les infections graves à la COVID-19 semblent prévalentes dans les pays où la carence en vitamine D est plus courante. De nombreux facteurs peuvent contribuer au nombre de cas de COVID-19 répertoriés dans chacun des pays en particulier, notamment le nombre de tests effectués et les mesures prescrites par la santé publique pour prévenir la propagation de la maladie. Ces facteurs n’ont pas été pris en considération dans ces études.

La gravité de la maladie peut aussi dépendre de nombreux autres facteurs, notamment l’âge, l’état de santé préexistant et l’accessibilité aux soins de santé. Par conséquent, nous devons faire preuve de prudence avant d’établir un lien entre un faible taux de vitamine D et le nombre de cas de COVID et leur gravité, alors que d’autres facteurs importants n’ont pas été pris en compte. Pour le moment, les données ne permettent pas de déterminer qu’un faible taux de vitamine D soit la cause d’un nombre plus élevé de cas de COVID et d’une gravité accrue de la maladie.

Sous toute réserve, le lien possible entre une carence en vitamine D et une réponse immunitaire affaiblie aux infections à la COVID-19 pourrait en partie s’appuyer sur des études antérieures portant sur les effets de la vitamine D sur le système immunitaire. Ces observations préliminaires semblent indiquer que des taux adéquats de vitamine D ont certains bienfaits sur la réponse immunitaire aux infections comme la COVID-19. Cette constatation serait d’autant plus manifeste dans les populations de patients vulnérables à une carence en vitamine D – notamment les personnes obèses, celles qui souffrent de malabsorption ou qui ont été traitées à long terme au moyen d’anticonvulsivants, ainsi que les personnes âgées.

Des recherches plus poussées sont toutefois nécessaires pour déterminer s’il existe un lien de cause à effet entre une carence en vitamine D et un nombre plus élevé d’infections à la COVID-19 et une gravité accrue de la maladie.

Bien que la relation entre la vitamine D et la COVID-19 ne soit pas claire, nous savons que la vitamine D est cruciale pour la santé des os. Ostéoporose Canada recommande aux personnes souffrant d’ostéoporose ou présentant des facteurs de risque de fractures de consommer une quantité adéquate de vitamine D – soit une dose recommandée de 800 à 2 000 UI par jour. Cette recommandation vaut également pour les personnes qui courent un risque plus élevé de développer une carence en vitamine D. La consommation d’une dose quotidienne de plus de 2 000 UI de vitamine D n’est appropriée qu’à la seule condition qu’elle soit prescrite par un professionnel des soins de la santé.

Une nouvelle étude associe le lait à un risque plus élevé de cancer du sein

Lait, boisson de soja et risques de cancer du sein : ces boissons déroutantes.

https://academic.oup.com/ije/advance-article/doi/10.1093/ije/dyaa007/5743492#199259276

Étude « Dairy, soy, and risk of breast cancer: those confounded milks », Gary E Fraser, Karen Jaceldo-Siegl, Michael Orlich, Andrew Mashchak, Rawiwan Sirirat, Synnove Knutsen International Journal of Epidemiology, 25 février 2020

Récemment, les manchettes de médias faisaient allusion à une étude suggérant que les femmes qui consomment aussi peu qu’une tasse de lait de vache par jour, c’est-à-dire 250 ml, pourraient augmenter leur risque d’être atteintes du cancer du sein, et ce, à raison de 50 %.  Cette étude a été effectuée dans le cadre de la recherche Adventist Health Study effectuée par Synnove Knutsen et compagnie de l’Université Loma Linda et publiée par l’International Journal of Epidemiology.  https://doi.org/10.1093/ije/dyaa007. L’étude évaluait l’association entre la consommation de boisson de soja, d’autres produits de soja, de lait et d’autres produits laitiers aux risques de cancer du sein.

Cette étude a suivi près de 53 000 femmes adventistes durant 7,9 années en se penchant sur le risque relatif de résultats rares. Les auteurs en sont arrivés à la conclusion que les risques de cancer du sein augmentaient parallèlement à celle de la consommation de lait, peu importe son pourcentage de matières grasses. Aucune corrélation nette entre la consommation de produits de soja et de cancer du sein n’a été établie.

Les faiblesses de cette étude sont sa méthode d’observation (le lien de cause à effet ne peut pas être établi) et les facteurs de confusion possibles entre les produits laitiers et des facteurs non mesurés, en dépit de nombreux ajustements de covariables. (1) L’alimentation a été mesurée une seule fois, lors de l’étude de base, laissant place aux erreurs et aux omissions. Nous ne pouvons pas savoir si ces résultats peuvent s’appliquer aux autres populations et donc, il est difficile d’en tirer des conclusions. Le style de vie des adventistes diffère considérablement de celui de l’ensemble de la population, étant donné que de nombreux adventistes ont une alimentation à base de plantes qui exclut les aliments transformés, l’alcool et la caféine.

Les auteurs font remarquer que le lait de vache a beaucoup de qualités nutritives et suggèrent qu’une recherche plus poussée serait nécessaire pour comprendre le lien entre la consommation de produits laitiers ou autres facteurs non identifiés étroitement liés et les risques de cancer du sein. D’ici là, une alimentation équilibrée et variée incluant des sources de calcium, des activités physiques régulières, sans tabagisme ni excès d’alcool, constituent un mode de vie sain.

1. Dairy, soy, and risk of breast cancer: those confounded milks Gary E Fraser, Karen Jaceldo-Siegl, Michael Orlich, Andrew Mashchak, Rawiwan Sirirat, Synnove Knutsen International Journal of Epidemiology, 25 février 2020

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