
Réponse d’Ostéoporose Canada à une publication récente concernant Osteostrong

Réponse d’Ostéoporose Canada à une publication récente concernant Osteostrong
Collaborateurs : Dr Adrian Lau, Dre Lora Giangregorio, Dre Claudia Gagnon, Dre Laëtitia Michou, Dr Alan Low, Dre Emma Billington, Dre Zahra Bardai, Dre Vithika Sivabalasundaram, Dre Rowena Ridout et Dre Sandra Kim.
Recommandations formulées par l’équipe d’intervention rapide d’Ostéoporose Canada.
En février 2025, un nouvel article a été publié dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism (JCEM) au sujet d’Osteostrong.
Osteostrong est décrit comme étant « un système de renforcement osseux faisant appel à quatre appareils et incorporant de brefs exercices ostéogéniques hebdomadaires (de 10 minutes) à faible impact et à intensité élevée ». Cette étude affirme que la participation à Osteostrong pendant 10 minutes, une fois par semaine, sur une période de 12 mois a permis d’améliorer la densité minérale osseuse (DMO) du rachis lombaire chez les femmes, qu’elles soient sous traitement antirésorptif ou non. L’étude prétend également qu’« Osteostrong a amélioré les résultats du traitement antirésorptif en matière de DMO et de score osseux trabéculaire* (TBS) de la colonne vertébrale, de la hanche et du col fémoral ».
Toutefois, il a été porté à l’attention d’Ostéoporose Canada que la validité et la fiabilité de cette étude pourraient poser problème. Les lacunes relevées comprennent notamment des failles dans la conception de l’étude, le non-respect des lignes directrices relatives à l’établissement de rapports, ainsi qu’une analyse et des conclusions inappropriées.
Parmi les préoccupations suscitées par l’étude Osteostrong, citons :
- Aucun objectif précis ni aucune hypothèse claire;
- Aucune information sur l’approbation éthique;
- Aucun plan d’analyse statistique clair;
- Aucune description de la manière dont les auteurs ont recueilli et analysé l’ensemble des données;
- Aucune donnée prouvant que le protocole clinique de l’essai a été enregistré en ligne dans un souci de transparence;
- Piètres efforts déployés en vue de réduire le risque de biais, tels que la répartition aléatoire des participants et l’insu des évaluateurs;
- Faible prise en compte des variables confondantes, telles que l’utilisation de médicaments contre l’ostéoporose, ainsi que la durée et l’observance du traitement médicamenteux;
- Déclaration insuffisante des résultats standards, tels que les disparités entre les groupes de sujets en matière de densité minérale osseuse au niveau de la hanche ou de la colonne vertébrale.
Les études antérieures sur Osteostrong se limitent à des études d’observation fondées sur des échantillons de petite taille, qui présentent également un risque élevé de biais et sont financées par l’industrie. Il existe un essai contrôlé randomisé comparant l’utilisation d’appareils tels que ceux proposés au sein des installations d’Osteostrong à un programme d’exercices de renforcement musculaire à impact et à intensité élevée. Le recours aux appareils n’a pas augmenté la densité minérale osseuse comparativement aux exercices de renforcement musculaire à impact et à intensité élevée. Cinq personnes appartenant au groupe ayant utilisé les appareils ont subi des fractures de la colonne vertébrale, alors qu’aucune personne appartenant au groupe ayant participé au programme d’exercices n’a subi de fracture de la colonne vertébrale. L’adoption de cette méthode pourrait entraîner des conséquences néfastes.
Les données probantes existantes concernant les avantages et les préjudices de la méthode Osteostrong sont de très faible certitude et, par conséquent, Ostéoporose Canada ne peut appuyer les recommandations relatives à son utilisation pour la prévention des fractures en fonction de la recherche actuelle.
Ostéoporose Canada incite les professionnels de la santé à analyser et à évaluer eux-mêmes ces études.
Nous conseillons aux personnes atteintes d’ostéoporose qui envisagent de recourir à Osteostrong de consulter d’abord leur professionnel de la santé.
* Le score osseux trabéculaire (TBS) correspond à un indice de l’architecture osseuse qui constitue une mesure de la qualité des tissus osseux.
Conseil consultatif scientifique
L’équipe d’intervention rapide d’Ostéoporose Canada, composée de membres du Conseil consultatif scientifique, crée des énoncés de principe dès que des nouvelles sont diffusées au sujet de l’ostéoporose. Ces énoncés de principe servent à informer à la fois les professionnels de la santé et les patients. Les membres du Conseil consultatif scientifique (CCS) sont des bénévoles experts des domaines de l’ostéoporose et du métabolisme osseux.