Lait, boisson de soja et risques de cancer du sein : ces boissons déroutantes.

https://academic.oup.com/ije/advance-article/doi/10.1093/ije/dyaa007/5743492#199259276

Étude « Dairy, soy, and risk of breast cancer: those confounded milks », Gary E Fraser, Karen Jaceldo-Siegl, Michael Orlich, Andrew Mashchak, Rawiwan Sirirat, Synnove Knutsen International Journal of Epidemiology, 25 février 2020

Récemment, les manchettes de médias faisaient allusion à une étude suggérant que les femmes qui consomment aussi peu qu’une tasse de lait de vache par jour, c’est-à-dire 250 ml, pourraient augmenter leur risque d’être atteintes du cancer du sein, et ce, à raison de 50 %.  Cette étude a été effectuée dans le cadre de la recherche Adventist Health Study effectuée par Synnove Knutsen et compagnie de l’Université Loma Linda et publiée par l’International Journal of Epidemiology.  https://doi.org/10.1093/ije/dyaa007. L’étude évaluait l’association entre la consommation de boisson de soja, d’autres produits de soja, de lait et d’autres produits laitiers aux risques de cancer du sein.

Cette étude a suivi près de 53 000 femmes adventistes durant 7,9 années en se penchant sur le risque relatif de résultats rares. Les auteurs en sont arrivés à la conclusion que les risques de cancer du sein augmentaient parallèlement à celle de la consommation de lait, peu importe son pourcentage de matières grasses. Aucune corrélation nette entre la consommation de produits de soja et de cancer du sein n’a été établie.

Les faiblesses de cette étude sont sa méthode d’observation (le lien de cause à effet ne peut pas être établi) et les facteurs de confusion possibles entre les produits laitiers et des facteurs non mesurés, en dépit de nombreux ajustements de covariables. (1) L’alimentation a été mesurée une seule fois, lors de l’étude de base, laissant place aux erreurs et aux omissions. Nous ne pouvons pas savoir si ces résultats peuvent s’appliquer aux autres populations et donc, il est difficile d’en tirer des conclusions. Le style de vie des adventistes diffère considérablement de celui de l’ensemble de la population, étant donné que de nombreux adventistes ont une alimentation à base de plantes qui exclut les aliments transformés, l’alcool et la caféine.

Les auteurs font remarquer que le lait de vache a beaucoup de qualités nutritives et suggèrent qu’une recherche plus poussée serait nécessaire pour comprendre le lien entre la consommation de produits laitiers ou autres facteurs non identifiés étroitement liés et les risques de cancer du sein. D’ici là, une alimentation équilibrée et variée incluant des sources de calcium, des activités physiques régulières, sans tabagisme ni excès d’alcool, constituent un mode de vie sain.

1. Dairy, soy, and risk of breast cancer: those confounded milks Gary E Fraser, Karen Jaceldo-Siegl, Michael Orlich, Andrew Mashchak, Rawiwan Sirirat, Synnove Knutsen International Journal of Epidemiology, 25 février 2020

L’équipe d’intervention rapide d’Ostéoporose Canada, composée de membres du Conseil consultatif scientifique, crée des énoncés de principe dès que des nouvelles sont diffusées au sujet de l’ostéoporose. Ces énoncés de principe servent à informer à la fois les professionnels de la santé et les patients. Les membres du Conseil consultatif scientifique (CCS) sont des bénévoles experts des domaines de l’ostéoporose et du métabolisme osseux.