John Winslow : Veiller à sa sécurité et éviter les fractures

John WinslowUn résident de Hamilton, John Winslow, aimait profiter de ses heures de loisir pour nager, faire du ski et jouer au tennis, et prenait plaisir à initier les enfants du quartier aux joies du sport.

Sa vie a basculé à l’été 2017. John venait de descendre du bus qui le déposait en face de chez lui. Au moment où le bus s’éloignait en tournant le coin, John a perdu l’équilibre, a chuté sur le bord du trottoir et s’est blessé le coude. Il est rentré chez lui en marchant, pensant que sa chute ne causerait qu’une petite ecchymose.

Lorsque la douleur au coude est devenue intolérable, un ami de John l’amena au centre de soins de santé St Joseph’s, à Hamilton. Les médecins aux soins intensifs ont constaté que John s’était cassé le coude. Il a fallu une chirurgie et plusieurs mois de convalescence avant qu’il ne s’en remette.

Un an plus tard, en juillet 2018, John a revécu la même expérience. Il s’est à nouveau écroulé sur le trottoir à la descente du bus, si bien qu’il s’est fracturé le même coude. « J’étais découragé de ne pas avoir su tirer les leçons de ma première blessure. Il s’agissait d’une fracture similaire, au même coude, provenant du même type de chute. Mon père me répétait souvent que les connaissances sont inutiles si on ne s’en sert pas. J’aurais aimé me souvenir de ces sages paroles dès le premier incident », regrette John.

John était alors loin de se douter que la cause de ses fractures multiples était peut-être l’ostéoporose. Cette maladie a pour conséquence de rendre les os plus minces et poreux et de fragiliser l’ossature, ce qui accroît le risque de fractures.

C’est en consultant son chirurgien orthopédiste, après la seconde fracture, que John a fait connaissance avec l’une des coordonnatrices pour la prévention des fractures dans le cadre du Programme de dépistage et de prévention des fractures de la Stratégie ontarienne pour le traitement de l’ostéoporose. Ce programme permet d’évaluer le facteur de risque d’ostéoporose d’hommes et de femmes de 50 ans et plus qui subissent des fractures de fragilisation.

La coordonnatrice lui a parlé des fractures de fragilisation (toute chute se produisant à partir de la station debout ou d’une autre position plus basse, susceptible de provoquer une fracture) ainsi que du lien entre les fractures multiples et l’ostéoporose.

« Je suis reconnaissant à la coordonnatrice en prévention des fractures de m’avoir abordé au cours de cette consultation de suivi à l’hôpital. Je n’avais jamais entendu parler de fractures de fragilisation auparavant, encore moins du risque accru de subir d’autres fractures qu’elles entraînent. On m’a demandé si je voulais évaluer mon facteur de risque d’ostéoporose et j’ai accepté », affirme John.

L’évaluation comprend un examen de densitométrie minérale osseuse (DMO). Les résultats de cet examen ont contribué à déterminer que John présentait un risque élevé de se fracturer un autre os. « L’ostéoporose n’est pas un sujet dont on parle au quotidien. Cela doit changer. Les gens ne devraient pas avoir à subir une fracture pour être au fait de l’ostéoporose. Nous sensibiliser au risque de fractures peut sauver des vies », poursuit John.

« Ça m’a pris deux fractures avant de comprendre qu’un os cassé bouleverse une vie. Les gens devraient être informés par le bouche-à-oreille plutôt que par une blessure. Que vous ayez 7 ou 70 ans, vous devez connaître votre risque d’être atteint d’ostéoporose. D’ailleurs, les cours sur la santé devraient comprendre celle des os. Cela ferait une grande différence dans la prévention de l’ostéoporose », déclare John.

C’est grâce à sa conversation avec la coordonnatrice en prévention des fractures que John a été sensibilisé à l’importance de la santé des os. C’est par le Programme FSPP de dépistage et de prévention des fractures que John a pu consulter le rhumatologue qui a veillé à ce qu’il reçoive le traitement adéquat lui permettant de réduire le risque de fracture.

« Vous devez prendre un grand pas de recul pour souscrire aux recommandations du médecin. Mon docteur me dit de ne pas céder à la complaisance à l’égard de ma santé. Son conseil est le suivant : considérez votre diagnostic comme si votre vie en dépendait. Je prends ses mots à la lettre. Sans traitement, le risque d’une autre fracture est pour moi très élevé. Si je devais me fracturer la hanche, ce serait une catastrophe », ajoute John.

John continue à prendre des suppléments de vitamine D et à intégrer à son alimentation des plats et des boissons riches en calcium. Il siège maintenant au comité consultatif des personnes âgées de Hamilton où il fait la promotion de saines habitudes de vie pour ses concitoyens d’âge mûr.

Après deux fractures, John fait de sa sécurité une priorité pour éviter d’autres accidents. « Ceux qui se blessent doivent apprendre à composer avec leur blessure tout en poursuivant leurs activités quotidiennes. Une organisation rigoureuse est la clé, tant pour soi que pour les autres », souligne-t-il.

John a également effectué certains changements chez lui pour prévenir les chutes. « J’ai amélioré l’éclairage dans la maison et retiré toutes les carpettes. J’ai aussi récemment ajouté une rampe de sécurité dans ma douche. La vision, la sensibilité et la dextérité sont des facteurs importants pour assurer la sécurité », indique-t-il.

« Après ma seconde fracture, je ne pouvais plus faire du ski ou de la natation ni jouer au tennis. La dégénérescence maculaire m’empêche de conduire et je dois maintenant utiliser une canne pour stabiliser ma démarche », raconte John. Aujourd’hui, il se plait à écouter le hockey et des émissions de science-fiction à la télévision. « Cela dit, être actif demeure important pour moi, et je sors tous les jours, parfois pour me promener au centre commercial, sinon pour arpenter ma rue », précise-t-il.

John aurait aimé connaître, dès sa première fracture, l’association qui existe entre une fracture et l’ostéoporose. « Cela m’aurait peut-être épargné ma deuxième fracture. Les médecins et infirmières qui vous traitent à l’urgence n’auront sans doute jamais l’occasion de faire un suivi avec vous. Lorsqu’une personne subit une fracture de fragilisation, je lui souhaite de rencontrer quelqu’un qui puisse lui éviter un autre accident », conclut-il.

John espère que son histoire servira à sensibiliser des personnes pour qu’elles se fassent évaluer pour l’ostéoporose. « Après tout, la connaissance n’a aucune utilité si elle n’est pas mise à profit, n’est-ce pas? », de dire John avant d’entreprendre sa promenade au soleil couchant.