La santé de vos os pendant l’épidémie de COVID-19

Prenez les précautions qui s’imposent pour éviter toute fracture. Prenez soin de votre santé osseuse. Cette pandémie exerce des pressions énormes sur nos systèmes de santé, poussant nos ressources à leur extrême limite. Il est recommandé d’éviter les hôpitaux et les cabinets médicaux, sauf en cas d’absolue nécessité.

N’oubliez pas que les personnes âgées et celles qui souffrent de certaines maladies chroniques, comme le diabète, les maladies pulmonaires, cardiaques ou rénales, sont plus vulnérables aux complications plus graves de la maladie à coronavirus (COVID-19). Nous vous conseillons vivement de prendre les précautions nécessaires pour votre sécurité, comme le recommandent les agences sanitaires gouvernementales.

PROTÉGEZ VOS OS

CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE

  • Prévention des chutes : veillez à ce que votre environnement à la maison ne soit pas encombré, qu’il soit libre de tout obstacle. Faites attention lorsque vous marchez à l’extérieur.
  • Ne cessez pas le traitement médical de l’ostéoporose qui vous a été prescrit. Faites part à votre médecin de vos préoccupations.
  • L’éloignement physique ne signifie pas que vous vous coupez du monde! Appelez vos amis ou votre famille au moins une fois par jour. Les applications de messagerie instantanée avec vidéo sont également un excellent moyen de rester en contact.
  • Le gouvernement du Canada vous conseille fortement de rester à la maison. Communiquez avec votre médecin ou votre pharmacie si vous avez besoin d’une ordonnance ou d’une consultation.
  • N’ayez pas peur de demander conseil ou une assistance! Il existe de nombreuses façons d’obtenir le soutien dont vous avez besoin, que ce soit pour faire exécuter vos ordonnances à la pharmacie ou vous faire livrer vos emplettes. La plupart des épiceries proposent la livraison à domicile ou un service de commande en ligne (avec livraison ou cueillette en magasin). Si vous n’avez pas la possibilité de commander en ligne, de nombreux groupes de bénévoles ont vu le jour pour vous permettre de le faire. Appelez votre conseiller municipal, votre député provincial ou fédéral pour qu’il vous aide à trouver de tels services. Communiquez également avec un voisin pour voir s’il peut vous renseigner sur un service ou vous déposer des articles à votre porte.

Prenez soin de votre santé osseuse et gérez votre ostéoporose en réduisant votre risque de vous casser un os pendant l’épidémie de COVID-19.

  • Votre alimentation compte! De nombreux aliments de base du garde-manger, comme les légumineuses (haricots) et le poisson en conserve, contiennent du calcium et des protéines. Lisez les étiquettes des produits; consultez également cette liste d’aliments renfermant du calcium : Cliquez ici
  • Obtenez la quantité de vitamine D dont vous avez besoin chaque jour : Cliquez ici
  • Continuez à bouger! Faites chaque jour de l’activité physique à la maison, en adaptant les exercices pour qu’ils soient sécuritaires : Cliquez ici

Message de l’agence de la santé publique du Canada

Il est important de suivre les recommandations de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) pour être bien informé et vous protéger de la maladie à coronavirus (COVID-19).

ÉLOIGNEMENT PHYSIQUE

Ensemble, nous pouvons ralentir la propagation de la COVID-19 en gardant consciemment une distance physique entre nous. Il est prouvé que la distanciation physique est l’un des moyens les plus efficaces de réduire la propagation de la maladie lors d’une épidémie.

Cela signifie qu’il faut modifier ses habitudes pour réduire au minimum les contacts étroits avec autrui. Vous devez :

  • éviter les endroits bondés et les rassemblements non essentiels;
  • éviter les salutations impliquant un contact direct, comme les poignées de main;
  • limiter les contacts avec les personnes vulnérables, comme les personnes âgées et les personnes en mauvaise santé;
  • garder une distance d’au moins 2 bras (environ 2 mètres) entre soi et autrui.

LES POPULATIONS VULNÉRABLES

Il existe un risque accru de conséquences possiblement graves pour toute personne canadienne :

  • âgée de 65 ans et plus;
  • ayant un système immunitaire affaibli;
  • atteinte d’une ou de plusieurs maladies concomitantes.

Vous pensez être atteint de la maladie à coronavirus (COVID-19)?

Répondez au questionnaire en ligne d’auto-évaluation des symptômes du gouvernement du Canada

Rédigé par

Hassan Vatanparast est membre du Conseil consultatif scientifique d’Ostéoporose Canada. Il est professeur titulaire auprès du College of Pharmacy and Nutrition et de la School of Public Health, relevant tous deux de l’Université de Saskatchewan. Il participe activement à la recherche et aux initiatives promouvant la santé, surtout celle des os. Hassan pilote aux échelles locale, nationale et internationale plusieurs projets visant à améliorer la santé nutritionnelle de la population générale, des nouveaux arrivants ainsi que des communautés autochtones.

Le taï-chi pour la prévention des chutes et la santé osseuse

Shayla Mueller et Veronique Murphy

Qu’est-ce que le taï-chi?

Le taï-chi est une forme d’exercice née en Chine d’abord comme un art martial, il y a plusieurs siècles. Parfois décrite comme une « méditation en mouvement », cette discipline fait appel à la fois au corps et à l’esprit. Il s’agit de mouvements lents et contrôlés du corps effectués en se concentrant sur la respiration. Ces mouvements lents affinent la conscience de soi, permettant de maîtriser parfaitement son corps. Chaque mouvement doit être maintenu dans une posture précise pendant un bref moment avant de changer de posture. Les transitions d’une posture à l’autre exigent différents mouvements, notamment pour transférer le poids d’une jambe à l’autre, en tournant le cou, le torse, les bras et les jambes, et en posant le pied dans une autre direction.

Axé sur la coordination et la souplesse, le taï-chi permet d’améliorer sa capacité à bouger et d’entreprendre ses activités quotidiennes. Il existe de nombreuses versions de taï-chi, chacune ayant un rythme et un style de mouvement qui lui est propre.

Pourquoi devrais-je considérer le taï-chi?

Le taï-chi comporte de nombreux effets positifs sur la santé, y compris sur la force musculaire, la souplesse et l’équilibre. C’est un exercice corporel complet considéré comme étant équivalent à la danse aérobique de faible à moyenne intensité. Autrement dit, ce serait possible d’en faire tout en parlant, mais non en chantant.

Il s’agit d’une forme populaire d’exercice, surtout auprès des aînés. Le taï-chi présente de nombreux avantages : accessible et abordable, il est offert dans bon nombre de communautés. Pas de tenue spéciale ni d’équipement ne sont nécessaires. C’est souvent une activité qui se pratique en groupe, offrant en prime l’occasion de socialiser et de faire de nouvelles connaissances.

Qui plus est, les études indiquent que le taï-chi est un exercice sécuritaire pour les personnes ayant une faible densité osseuse.

Le taï-chi et la prévention des chutes

Réduire le risque de chute constitue une bonne façon de réduire le risque de fracture. Selon une récente revue d’études, le taï-chi s’avère efficace à court terme pour prévenir les chutes chez les personnes âgées. De fait, il peut réduire le taux de chutes de presque 50 % au cours de la première année. Les études démontrent également que le taï-chi améliore l’équilibre, ce qui contribue grandement à réduire le risque de chute. Les personnes qui font régulièrement du taï-chi réussissent mieux les tests d’équilibre et leur corps est plus stable en position debout. Les mouvements et les déplacements lents activent les muscles des jambes, accroissant la force musculaire de la personne et sa capacité de réaction en cas de déséquilibre. Plusieurs de ces études démontrent que les bienfaits se font sentir après seulement 12 semaines d’entraînement. Le taï‑chi peut améliorer la mobilité des personnes. Bon nombre de mouvements de taï-chi reproduisent les mouvements effectués en marchant, comme transférer le poids du corps d’une jambe à l’autre dans différentes directions. En effectuant ces mouvements de façon lente et répétitive, le cerveau s’adapte et crée des connexions qui peuvent améliorer la démarche. Cela permet à certaines personnes de regagner la confiance en leur capacité de marcher et d’avoir moins peur de tomber.

L’effet du taï-chi sur la santé osseuse

Les effets du taï-chi sur la densité osseuse ont été étudiés. Selon une récente revue, la pratique régulière de taï-chi, à raison de séances de 45 à 90 minutes deux à sept fois par semaine pendant au moins 24 semaines, ralentirait la diminution de la santé osseuse chez les femmes préménopausées et ménopausées, ainsi que chez les personnes atteintes d’ostéoporose. Toutefois, il faudra des études plus poussées pour confirmer les résultats et déterminer la fréquence et la durée d’entraînement nécessaires pour obtenir les bienfaits.

Si vous faites du taï-chi, ou songez à en faire, sachez que le taï-chi :

  • est sécuritaire pour les personnes à faible densité osseuse;

  • réduit le taux de chute;

  • constitue un exercice complet du corps et de l’esprit;

  • exerce le sens de l’équilibre;

  • se pratique souvent en groupe;

  • est facile d’accès et abordable.

Quel est l’effet du diabète sur les risques de fracture?

Zoe Bond, Dana Li et Rebecca Wills

Le diabète et les risques de fracture

Le diabète sucré, généralement appelé diabète, est une maladie qui touche l’hormone de l’insuline et entraîne un haut taux de sucre dans le sang. L’insuline est nécessaire pour absorber le glucose (sucre) dans le sang afin de fournir de l’énergie aux cellules. En présence de diabète, l’insuline est insuffisante pour acheminer le glucose du sang aux tissus corporels, produisant un taux de sucre élevé dans le sang. Les diabétiques de type 1 ont une incapacité à sécréter de l’insuline et ont besoin d’injections pour y pallier. Bien que les personnes atteintes de diabète de type 2 ont la capacité de produire de l’insuline (en fait, leur taux d’insuline est élevé), leur organisme n’est pas apte à utiliser celle-ci adéquatement; elles doivent donc prendre des médicaments permettant d’abaisser le taux de sucre dans le sang, que ce soit sous forme de comprimés ou d’injections d’insuline.

Le diabète a de multiples effets sur l’organisme. Des taux anormaux d’insuline et de glucose dans le sang peuvent avoir une incidence sur les reins, les nerfs, les vaisseaux sanguins et les yeux. Le diabète peut aussi toucher les os, ce qui signifie que les personnes diabétiques présentent un risque plus élevé de fractures. Celles atteintes du diabète de type 1 ont une faible densité osseuse et près de 20 % d’entre elles ont, à moins de 60 ans, une densité osseuse si faible qu’elle est considérée comme étant ostéoporotique. Les personnes atteintes de diabète de type 2 semblent être à l’abri de la perte osseuse et la densité de leur os peut être normale. Les études démontrent que la densité osseuse des diabétiques de type 2 s’avère plus élevée que celle des non-diabétiques. Ce serait la qualité des os, un autre déterminant de la solidité des os, qui pourrait expliquer le risque accru de fractures chez les diabétiques de type 2.

Les médecins calculent le risque de fracture chez un patient à l’aide d’un outil d’évaluation qui tient compte des facteurs suivants : l’âge, la taille, le poids, l’historique de fractures, les antécédents familiaux en matière d’ostéoporose, les habitudes de vie comme le tabagisme et la consommation d’alcool, la prise de certains médicaments, certaines maladies comme l’arthrite rhumatoïde ainsi que les résultats d’une densitométrie osseuse. Il est toutefois reconnu que les outils d’évaluation utilisés aujourd’hui sous-estiment les risques de fracture chez les diabétiques. La mise au point d’outils qui amélioreraient la capacité d’évaluer les risques fait actuellement l’objet de recherches.

Les changements dans la densité ou dans la qualité des os ne sont pas les seuls effets potentiels du diabète sur les risques de fractures. Le diabète augmente aussi les risques de chutes. Les chutes sont plus fréquentes chez les diabétiques, car le diabète peut provoquer certaines complications comme une perte de sensation dans les pieds, des troubles oculaires et des étourdissements. De plus, si la personne atteinte du diabète a un faible taux de sucre dans le sang (hypoglycémie), elle risque davantage de tomber. La combinaison d’os plus fragiles et de risque accru de chutes augmente les risques de fractures. Les os qui subissent le plus de fractures chez les diabétiques sont ceux des bras, des poignets, des hanches et de la colonne vertébrale.

Le risque de fracture est considérablement plus élevé chez les personnes atteintes de diabète de type 1. Les hommes diabétiques de type 1 sont deux fois plus à risque que les hommes non diabétiques, tandis que chez les femmes, ce risque est quatre fois plus élevé. tandis que chez les femmes, ce risque est quatre fois plus élevé. Les personnes atteintes de diabète de type 1 présentent aussi un risque plus élevé de fracture à un âge plus jeune que les non-diabétiques, et plus le laps de temps avec lequel elles vivent avec le diabète est long, plus le risque de fracture s’accentue.

Les diabétiques de type 2 présentent aussi un risque accru de fracture. Les facteurs qui y contribuent sont la durée de la maladie, l’incapacité de maîtriser le glucose sanguin et l’occurrence de complications touchant par exemple les yeux ou les reins. Les diabétiques de type 2 ont 70 % plus de risque de subir une fracture autre que celle de la colonne vertébrale que les non-diabétiques. De plus, beaucoup de ces patients souffrent d’une carence en vitamine D, essentielle à la solidité des os.

INFO-FRACTURE

Si êtes atteint de diabète, que ce soit de type 1 ou de type 2, vous présentez un risque plus élevé de fracture, à la fois en raison des effets du diabète sur vos os que du risque accru de chutes.

Médicaments contre le diabète et risques de fracture

De nombreux médicaments sont offerts pour aider à maîtriser le glucose sanguin. Des études révèlent que certains d’entre eux peuvent solidifier les os et réduire les risques de fracture tandis que d’autres les fragilisent et accroissent les risques de fracture. La metformine est considérée comme ayant des bienfaits pour les os. Certaines expériences menées sur des animaux suggèrent que la metformine agit favorablement sur la santé des os en augmentant le nombre de cellules qui forment la substance osseuse (les ostéoblastes) tout en réduisant celles qui les détruisent (les ostéoclastes). Les thiazolidinediones (ou glitazones) ont démontré l’effet inverse, diminuant le développement des cellules qui forment de nouveaux os et stimulant celles qui les détruisent. Cela signifie qu’une personne atteinte de diabète de type 2 prenant des thiazolidinediones présente un risque plus élevé de fractures, et ce, parce que la perte osseuse est plus importante que la formation de nouveaux os. Bon nombre d’études indiquent que l’incidence des fractures à la hanche est à la hausse chez les personnes utilisant les thiazolidinediones et que le risque augmente avec la durée de l’usage du médicament. D’autres médicaments antidiabétiques, comme la canagliflozine (Invokana®), sont également associés à un risque accru de fractures. De nombreux médicaments servant à soigner le diabète peuvent accroître le risque d’hypoglycémie, un facteur de risque pour les chutes.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous?

Si vous êtes atteint de diabète, qu’il soit de type 1 ou de type 2, vous présentez un risque plus élevé de fracture, à la fois en raison des effets du diabète sur les os et du risque accru de chutes. De nombreux types de médicaments de prise en charge du diabète sont proposés et certains d’entre eux peuvent avoir une incidence sur la santé de vos os. Il est important de discuter avec votre médecin ou votre professionnel de la santé pour évaluer en profondeur votre diabète et la santé des os. Cela doit comprendre une évaluation des risques de fractures et de chutes ainsi que des médicaments antidiabétiques, en veillant à déterminer ce qui est meilleur pour vous. Entreprendre un programme régulier d’exercices d’équilibre et de renforcement est une excellente façon de maintenir la densité osseuse, de réduire les risques de chutes et de fractures et de vous maintenir généralement en santé.

Au moment de la rédaction de cet article, Zoe Bond, Dana Li et Rebecca Wills étaient des étudiantes de quatrième année en kinésiologie à l’Université de Waterloo. Les autrices ont été sensibilisées aux risques de fractures chez les personnes atteintes de diabète sucré dans le cadre d’un cours sur la santé osseuse. Intriguées par le sujet, elles se sont investies dans la recherche et espèrent que cet article s’avérera utile à ceux qui vivent avec l’ostéoporose et le diabète.

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