Ostéoporose Canada a déjà décrit le rôle de la vitamine D dans l’optimisation de la santé des os et les stratégies de traitement de l’ostéoporose. Dans le contexte actuel de la pandémie de COVID-19, les effets de la vitamine D sur la modulation du système immunitaire sont en train d’être examinés.

Deux récentes études indiquent qu’un faible taux de vitamine D peut entraîner un risque accru d’infection grave à la COVID-19.

Ilie et coll., du Royaume-Uni, ont noté que les pays ayant de faibles taux de vitamine D avaient un plus grand nombre de cas de COVID et les taux les plus élevés de mortalité due à cette maladie (1). De même, Daneshkhah et coll., de l’Université Northwestern (2), ont également constaté que les infections graves à la COVID-19 semblent plus prévalentes dans les pays où la carence en vitamine D est plus courante. Nous reconnaissons que le nombre de cas de COVID répertoriés dans chaque pays sera clairement influencé par le nombre de tests effectués et par les mesures de prévention prises par les divers pays qui n’ont pas été pris en compte dans ces études. De plus, l’établissement d’un lien entre l’observation de faibles taux de vitamine D dans une population à une maladie doit être interprété avec prudence en raison de la limitation des facteurs de confusion. À ce stade-ci, nous ne savons pas s’il y a un lien causal entre de faibles niveaux de vitamine D et un nombre plus élevé de cas de COVID et une gravité accrue de la maladie. En gardant ce bémol à l’esprit, le lien possible entre une carence en vitamine D et une réponse immunitaire affaiblie aux infections à la COVID-19 trouve peut-être un certain écho dans des études antérieures sur les effets de la vitamine D sur le système immunitaire.

La carence en vitamine D réduit la capacité des globules blancs à parvenir à maturité et à produire des antigènes nécessaires pour prévenir les infections (3). La vitamine D peut empêcher les macrophages de libérer une quantité excessive de cytokines et de chimiokines (4). Elle peut aussi augmenter l’expression de l’ECA2 (enzyme de conversion de l’angiotensine 2), qui a été associée à des résultats améliorés dans les cas d’infection à la COVID-19 (5, 6).

Ces observations préliminaires semblent indiquer que des taux adéquats de vitamine D ont une certaine influence sur la réponse immunitaire aux infections comme la COVID-19. Cette constatation revêt une importance particulière dans les populations de patients vulnérables à une carence en vitamine D – notamment, les personnes obèses, celles qui souffrent de malabsorption ou du syndrome de l’intestin court, celles qui utilisent des anticonvulsivants à long terme, ainsi que les personnes âgées. Des recherches plus poussées sont toutefois nécessaires pour déterminer s’il existe un lien de cause à effet entre une carence en vitamine D et un nombre plus élevé d’infections à la COVID-19 et une gravité accrue de la maladie.

Bien que la relation entre la vitamine D et la COVID-19 soit floue, nous savons que la vitamine D est cruciale pour la santé des os. Ostéoporose Canada recommande que les personnes souffrant d’ostéoporose ou qui ont des facteurs de risque de fractures reçoivent une quantité adéquate de vitamine D – soit une dose recommandée de 800 à 2 000 UI par jour. Cette recommandation vaut également pour les personnes qui courent un risque plus élevé de carence en vitamine D. On devrait éviter les fortes doses de suppléments de vitamine D en raison de leurs risques potentiels.

Références

  1. Ilie et coll., « Aging Clinical and Experimental Research », 6 mai 2020
  2. Daneshkhah et coll., Université Northwestern, mai 2020
  3. Abu-Amer et coll., 1993, Cell Immunol 151: 356-368
  4. Helming et coll., Blood 106: 4351-4358
  5. Kuka et coll., 2006, Curr Opin Pharmacol 6: 271-276
  6. Cui et coll., 2019, Redox Biol 26: 101295

L’équipe d’intervention rapide d’Ostéoporose Canada, composée de membres du Conseil consultatif scientifique, crée des énoncés de principe dès que des nouvelles sont diffusées au sujet de l’ostéoporose. Ces énoncés de principe servent à informer à la fois les professionnels de la santé et les patients. Les membres du Conseil consultatif scientifique (CCS) sont des bénévoles experts des domaines de l’ostéoporose et du métabolisme osseux.